FMI/Lisa Marie David Des personnes portant un masque pendant la pandémie de Covid-19 à Quiapo, aux Philippines.

Le sentiment de sécurité des gens est au plus bas dans presque tous les pays, avec six personnes sur sept dans le monde en proie à un sentiment d'insécurité, selon de nouvelles données et analyses du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) publiées mardi8 fevrier 2022.

 

Même les citoyens vivant dans des pays qui jouissent de certains des niveaux les plus élevés en termes de santé, de richesse et de résultats scolaires, font état d'une anxiété encore plus grande qu'il y a dix ans, d’après ce rapport intitulé Nouvelles menaces pour la sécurité humaine à l’ère de l'Anthropocène.

 

Pour remédier à cette discontinuité entre le développement et le sentiment de sécurité, le rapport appelle à une plus grande solidarité transfrontalière et à une nouvelle approche du développement qui permet aux personnes de vivre à l'abri du besoin, de la peur, de l'anxiété et de l'indignité.

Redéfinir ce qui signifie réellement le progrès

« Bien que le niveau de la richesse mondiale n’ait jamais été aussi élevé, une majorité de personnes sont inquiètes face à l'avenir et ces sentiments ont probablement été exacerbés par la pandémie », note Achim Steiner, Administrateur du PNUD.

 

« Dans notre quête d'une croissance économique débridée, nous continuons à détruire notre monde naturel alors que les inégalités se creusent, tant entre les pays qu'en leur sein même. Il est temps de reconnaître les signes montrés par les sociétés qui subissent des tensions immenses et de redéfinir ce que signifie réellement le progrès. Nous avons besoin d'un modèle de développement adapté à nos objectifs, construit autour de la protection et de la restauration de notre planète avec de nouvelles opportunités durables pour tous », ajoute-t-il.

 

La nécessité d'agir dès à présent n'a jamais été aussi évidente, car de nouveaux résultats montrent que l'espérance de vie mondiale à la naissance a diminué pour la seconde année consécutive en raison de la Covid-19, et que les mesures globales de développement humain sont également en baisse. En outre, le changement climatique est susceptible de devenir l'une des principales causes de décès dans le monde. Même avec une atténuation modérée des émissions, quelque 40 millions de personnes pourraient mourir à cause des changements de température avant la fin du siècle. 

 

Le rapport passe en revue un ensemble de menaces devenues plus importantes ces dernières années, notamment celles posées par les technologies numériques, les inégalités, les conflits et la capacité des systèmes de santé à relever de nouveaux défis comme la pandémie de Covid-19.

Les solutions ne doivent pas exacerber d'autres problèmes 

Pour faire face à ces menaces, selon les auteurs du rapport, les décideurs politiques devront considérer la protection, l'autonomisation et la solidarité de façon interdépendante afin que la sécurité humaine, les considérations planétaires et le développement humain aillent de pair et non l'un contre l'autre. Cela signifie que les solutions apportées à un problème particulier ne doivent pas exacerber d'autres problèmes.

 

« Un élément clé des domaines d’action concrète que souligne le rapport est le fait de susciter une prise de conscience plus aiguë de la solidarité mondiale basée sur l'idée de sécurité commune. La sécurité commune reconnaît qu'une communauté ne peut être en sécurité que si les communautés alentours le sont également. Cela n’apparaît que trop clairement avec la pandémie actuelle : les nations sont en grande partie incapables d’empêcher les nouvelles mutations de ce coronavirus de traverser les frontières », déclare Asako Okai, Directrice du Bureau de crise du PNUD.

 

Le rapport note également la forte association entre la baisse des niveaux de confiance et le sentiment d'insécurité. Les personnes qui perçoivent une forte insécurité humaine ont trois fois moins de chances de trouver les autres dignes de confiance.

 

Parmi les autres nouvelles conclusions du rapport, citons : 

  • Les pays les plus développés ont tendance à mieux tirer parti des avantages associés aux pressions planétaires et à en subir moins les conséquences, ce qui montre à quel point le changement climatique accentue les inégalités. 
  • Environ 1,2 milliard de personnes vivent dans des zones touchées par des conflits, dont près de la moitié (560 millions) dans des pays qui ne sont généralement pas considérés comme fragiles, ce qui indique que les idées traditionnelles sur les pays les plus vulnérables aux conflits doivent être revues. 
  • En 2021, malgré le PIB mondial le plus élevé de l'histoire et bien que les vaccins anti-COVID-19 soient devenus plus facilement accessibles dans certains pays, l'espérance de vie mondiale a diminué pour la deuxième année consécutive. Elle est en baisse d'environ un an et demi en moyenne par rapport au monde tel qu'il était avant la COVID-19. 
  • Il existe des écarts importants et croissants dans les systèmes de santé entre les pays. Selon le nouvel Indice d'universalisme des soins de santé contenu dans le rapport, l'inégalité des performances des soins de santé entre les pays à développement humain faible et très élevé s'est aggravée entre 1995 et 2017.

 

Le concept de sécurité humaine, introduit pour la première fois dans l'important Rapport sur le développement humain de 1994 du PNUD, a marqué une rupture radicale avec l'idée selon laquelle la sécurité des personnes ne devrait être évaluée qu’en examinant la sécurité territoriale, en démontrant qu’elle devait plutôt être mesurée en prenant en considération l'importance des besoins fondamentaux des personnes, de leur dignité et de l’assurance de pouvoir vivre des vies sécurisées. 

 

Source:news.un.org

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