C'était il y a huit ans. Le 14 avril 2014, des lycéennes étaient enlevées dans le village de Chibok, au nord-est du Nigeria, par le groupe Boko Haram. Elles étaient 276 dont 109 sont toujours portées disparues. Les familles et les associations dénoncent l'inaction du gouvernement. Elles affirment aussi que l'inaction des autorités serait à l'origine d'une augmentation des kidnappings.  

 

Sesugh Akume a rejoint l'association Bring Back Our Girls dès avril 2014, date du kidnapping des lycéennes de Chibok. Huit ans plus tard, une centaine de jeunes filles sont encore portées disparues. En cause, selon lui, l'inaction et l'indifférence du gouvernement. 

 

« Les autorités nigérianes sont visiblement insensibles au sort de ces jeunes lycéennes et à la détresse de leur famille. Pourtant, il y a une chance de retrouver ces filles, à condition que le gouvernement nigérian s’y emploie sérieusement. Mais ce n’est pas le cas : il ne parle des lycéennes de Chibok que le 14 avril de chaque année, puis il se rendort ».

Selon l'association Bring Back Our Girls, l'inaction des autorités est à l'origine du sentiment d'impunité des groupes terroristes. Ils multiplient attaques et kidnappings dans les écoles du pays depuis plusieurs années.

 

Je suis partagé entre la frustration et la colère. Le fait que ces jeunes filles ont été enlevées dans leur lycée. Le fait que nous soyons sans nouvelles d'elles depuis huit ans. Et le fait que le gouvernement nigérian soit visiblement insensible au sort de ces jeunes filles et à la détresse de leur famille. En ce huitième anniversaire, notre association organise une table-ronde sur cette affaire. Cette année, nous allons parler de l’indifférence de la classe politique à l’égard de cet enlèvement. Ils traitent les lycéennes de Chibok exactement comme ils traitent les Nigérians. Surtout les Nigérianes qui sont vues comme des moins que rien. Pourtant, il y a une chance de retrouver ces jeunes filles, à condition que le gouvernement nigérian s’y emploie sérieusement. Mais ce n’est pas le cas : il ne parle des lycéennes de Chibok que le 14 avril de chaque année, puis il se rendort. Il ne dit rien, ne donne aucune information, même pas aux parents.

 

Selon Amnesty International, près de 1 500 écoliers et écolières auraient été kidnappés par des groupes armés au Nigeria depuis 2014.

Allen Manasseh est le porte-parole du Kibaku Area Development Association (KADA). Il alerte sur les conséquences sur l'éducation à plus long terme. 

 

« Il y a eu des centaines d'écoles attaquées ou détruites. Si nous ne parvenons pas à garantir la sécurité des enfants, ils devront choisir entre aller à l'école et survivre ».

Des effets que l'on constate déjà : selon Amnesty International, les inscriptions à l'école sont en baisse depuis plusieurs années.  

 

Source:rfi.fr

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